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Comprendre le jargon financier
Le but de l’analyse financière est de disposer d’une information objective sur la santé financière de l’entreprise, utile au dirigeant, à l'investisseur et/ou au prêteur dans leur prise de décision.
Un examen attentif de vos ratios financiers permet d'évaluer votre santé financière et de trouver les pistes pour l'améliorer.
Bien que les ratios financiers soient très utiles, il faut les utiliser en ayant à l'esprit les points suivants :
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Il est indispensable d’analyser et de comparer les ratios sur plusieurs années afin de dégager une tendance et d’éviter que des éléments ponctuels en entraînent une interprétation erronée.
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Aucun ratio ne peut à lui seul répondre à toutes les questions se rapportant à la situation financière ou à la rentabilité d'une entreprise.
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Les ratios financiers sont des indicateurs dont on peut se servir pour se forger une opinion; en ce sens, ils ne constituent pas des preuves irréfutables d'une bonne ou d'une mauvaise situation.
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L'importance d'un même ratio sera différente selon le type d'entreprise ou selon le secteur dans lequel évolue l’entreprise.
N’hésitez pas à nous contacter afin que nous puissions vous aider dans l’analyse de la santé financière de votre entreprise et vous orientez vers les solutions les plus adéquates pour votre cas spécifique.
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L’objectif de cette rubrique est de présenter certains des ratios les plus importants et les plus souvent utilisés pour analyser la santé financière d’une entreprise à savoir : |
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1) L’indépendance financière
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Les types de ratios les plus souvent étudiés dans l’analyse financière d’une entreprise sont les ratios de structure. Parmi ces ratios de structure, mentionnons le ratio d’indépendance financière et le ratio de solvabilité.
Le ratio d’indépendance financière mesure la part de financement propre de l’entreprise par rapport à l’ensemble des financements.
Ce ratio, comme beaucoup d’autres, se calcule à partir du bilan comptable de l’entreprise.
Le bilan comptable est établi au minimum une fois par an, à chaque fin d’exercice comptable. Il donne un aperçu du patrimoine de l'entreprise et de sa structure financière.
Le bilan est divisé en deux parties à savoir :
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Le passif qui répond à la question "D'où vient l'argent : de fonds propres, d’emprunts ou d’autres dettes ?",
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Et l’actif qui répond à la question "A quoi est utilisé cet argent : terrains, bâtiments, machines, stocks, crédit accordé aux clients, cash disponible » ?
Le ratio d’indépendance financière calcule le rapport entre :
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D’une part : (1) la part apportée par l’entrepreneur c.à.d. les « fonds propres » ( = le « capital » qu’il y a mis + les « subsides » qu’il a reçus + les « bénéfices » qu’il n’a pas distribués),
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Et d’autre part : (2) l’ensemble des moyens de financements, c.à.d. le total du passif.
En général, une entreprise est réputée avoir une indépendance financière suffisante lorsque le ratio (1)/(2) ci-dessus est au moins de 25% à 30%.
En effet, si l’endettement est tel que le ratio descend en dessous de cette limite, il y a risque que l’entreprise ait des difficultés à assumer les remboursements de ses emprunts en cours, et donc à assurer sa viabilité.
Si c’est le cas, l’entreprise se doit d’examiner toute solution qui aura pour effet, soit d’augmenter les fonds propres, soit de diminuer ses dettes.
Un ratio au delà de 30% signifie également que la société bénéficie d’un potentiel d’endettement, ce qui facilite l’obtention de ressources de financements nouvelles si elle souhaite réaliser des investissements.

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2) Le fonds de roulement permanent
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Alors que l’indépendance financière montrait les grands équilibres, notamment entre les emprunts à long terme, les capitaux propres et le passif, le fonds de roulement permanent va permettre de vérifier la solidité financière de l’entreprise et la manière dont elle finance ses actifs immobilisés.
En effet, le fonds de roulement permanent est :
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Le surplus (s’il est positif) ou le déficit (s’il est négatif) de ressources à long terme (fonds propres et emprunts à long terme) après déduction des actifs immobilisés et
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Ce qui reste à la disposition de l’entreprise pour couvrir et financer les besoins liés à son activité d'exploitation tels les stocks et les crédits clients.
Les actifs immobilisés sont des avoirs destinés à rester durablement dans l’entreprise car ils servent à produire les biens de l’entreprise. Nous pouvons citer les terrains, les bâtiments et les machines.
Les actifs immobilisés devraient donc être financés par les fonds propres et les emprunts à long terme qui ont également une durée assez longue.
En général, une entreprise est réputée avoir un fonds de roulement permanent satisfaisant lorsque celui-ci est supérieur à 0.
En d’autres termes, au plus le fonds de roulement permanent est élevé, meilleure est la solidité de l’entreprise.
Si le fonds de roulement permanent est négatif, cela signifie que l’entreprise finance une partie de ses actifs immobilisés (actifs qui restent durablement) par des dettes à court terme, ce qui va à l’encontre de la durée de vie des actifs immobilisés.
Afin d’améliorer son fonds de roulement permanent, il sera judicieux soit d’augmenter ses fonds propres ou de transformer ses dettes à court terme par un crédit d’investissement à long terme.

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3) La solvabilité
Ce ratio est dérivé de l’indépendance financière et permet de voir le taux d’endettement de la société en comparant ses fonds propres à ses dettes.
Au plus élevé est le ratio, au moins la société est endettée et finance son activité via ses fonds propres.
On évalue la solvabilité selon les normes suivantes :
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Si < 25 % = danger de faillite
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De 25 % à 50 % = situation difficile
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Si > 50 % = bonne structure
Les anglo-saxons utilisent un ratio équivalent mais en sens inverse en l’appelant ratio d’endettement ou « gearing ratio » selon la formule suivante (Emprunts Long terme + dettes court terme portant intérêts) / Fonds propres.
Dans ce cas, au plus faible est le ratio au moins la société est endettée :
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Passé 50 %, une société est très endettée,
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Au-delà de 75 %, la dette devient plus que difficile pour une entreprise.
Cela dit, avoir un ratio de solvabilité trop faible doit être mis en parallèle avec le niveau des taux d'intérêt. En effet, lorsque les taux d'intérêt sont faibles, les dirigeants des entreprises empruntent à faible taux pour développer leur activité et bénéficier d'un retour sur investissement supérieur au coût d'emprunt.
C'est tout le paradoxe du ratio de solvabilité : dans un contexte de taux bas, un niveau élevé peut refléter davantage le dynamisme d'une entreprise qu'un endettement excessif !
Le ratio de solvabilité ou le gearing ratio n’est donc pas forcément le critère le plus pertinent pour mesurer l’endettement d’une société.
Nous pouvons aussi utiliser le rapport entre l’endettement financier net et l’autofinancement annuel (cash flow net c.à.d. le bénéfice auquel on rajoute les amortissements et les réductions de valeurs) afin d’indiquer l’aptitude d’une entreprise à rembourser ses dettes.
Il donne une idée du nombre d’année de Cash Flow net qu’il faut à la société pour rembourser son endettement total. Au plus le nombre d’année est élevé, au plus l’entreprise mettra du temps à rembourser ses dettes, ce qui posera un problème pour une société qui est dépendante de l’environnement économique par exemple.

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4) La liquidité

Les ratios de liquidité mesurent la capacité de l'entreprise à rembourser ses dettes à court terme (autres dettes) à l'aide de ses actifs à court terme (stocks + crédits clients + cash disponible). Autrement dit, ces ratios mesurent la solvabilité de l'entreprise à court terme.
La manière la plus simple d'expliquer le ratio de liquidité est de répondre à la question suivante : « si tous mes créanciers à court terme (mes autres dettes) me demandaient un remboursement immédiat : combien me resterait-il après avoir vendu mes stocks, récupéré mes crédits clients et utilisé mon cash disponible ? ».
Il existe 2 ratios de liquidités à savoir le ratio de liquidité générale (ou current ratio) et le ratio de liquidité réduite (ou quick ratio ou acid test ratio).
Dans le cas du ratio de liquidité générale, on estime que le ratio doit être supérieur à 1 avec les commentaires suivants :
- Un ratio de liquidité générale inférieur à 1 est critique car cela signifie que l'entreprise est insolvable à court terme si les créanciers ne veulent plus accorder de délai de paiement à la société.
- Plus le ratio de liquidité générale d'une entreprise est élevé, plus celle-ci est en mesure de faire face à ses engagements à court terme sans problème.
- En dépit du point précédent, un ratio de liquidité générale trop élevé est souvent le signe d'une mauvaise gestion des éléments à court terme qui peuvent résulter :
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D’un niveau de stocks trop élevé avec pour conséquence probable des frais d'entreposage considérables et/ou un risque que les stocks soient passés de mode,
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D’un niveau de crédit clients trop élevé : ceci est souvent le signe d'une politique de crédit trop souple ou d'un problème en ce qui concerne la perception des comptes, toutes choses qui augmentent le risque de mauvaises créances.
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D’un niveau de crédit fournisseurs trop faibles, auquel cas l'entreprise ne bénéficie pas de cet instrument pour financer son cycle d’exploitation.
Dans le cas du ratio de liquidité réduite, on estime que le ratio doit être supérieur à 0,50. Par rapport au ratio de liquidité générale, on ne prend pas en compte les stocks car ils sont considérés comme actifs immobilisés. En effet, les stocks sont difficilement vendables dans un laps de temps court et ce pour les raisons suivantes :
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Les produits finis sont en cours de fabrication,
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Il faut du temps pour vendre les stocks au prix fixé dans le bilan,
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L’entreprise doit conserver un stock minimum.

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5) Le besoin de fonds de roulement (BRF)
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BFR = stocks + créances clients - dettes fournisseurs.
Durant tout le cycle de production, l'entreprise est amenée à engager des dépenses, qui ne seront récupérées que lors du paiement effectif des ventes ou des prestations :
- si son activité consiste à vendre des marchandises, l'entreprise devra acquérir un stock minimum, avant même de commencer à fonctionner,
- si elle consiste à produire ou à transformer des biens, elle devra acheter ses matières premières, puis lancer la production et rémunérer ses salariés avant de pouvoir commercialiser ses produits et se faire payer.
- si elle consiste à effectuer des prestations "intellectuelles" (conseil, expertise...), l'entrepreneur devra travailler un certain nombre de jours et supporter ses frais avant d'adresser sa note d'honoraires.
Lorsque l'activité nécessite d'accorder des délais de paiement aux clients, l'argent dû par les clients, après livraison, constitue une "créance client". Mais les fournisseurs pourront aussi accorder, des délais permettant de ne pas payer immédiatement leurs factures. C'est le "crédit fournisseur".
Il existe donc une "masse d'argent" nécessaire au fonctionnement de l'entreprise qui correspond à la différence entre les besoins de financement du cycle de production (stocks + créances clients) et les ressources apportées par le crédit fournisseur. Cette masse d'argent immobilisée est appelée "Besoin en fonds de roulement" (BFR).
Dans certaines activités, le BFR est négatif, ce qui signifie que l'activité génère un flux positif de trésorerie. C'est notamment le cas pour les enseignes de la grande distribution. En effet, elles payent leurs fournisseurs après la livraison (souvent 90 jours), alors que les clients paient au comptant.
Cependant, dans la majorité des entreprises, le BFR est positif, ce qui signifie que l'entreprise doit trouver des fonds pour combler le flux négatif généré par le cycle d'exploitation. Dans ce cas, les emplois d'exploitation de l'entreprise sont supérieurs aux ressources d'exploitation. L'entreprise doit donc financer ces besoins à court terme soit à l'aide de ressources financières complémentaires à court terme (crédit bancaires...) ou son fonds de roulement (voir B-Wapi 6).
Il est important de signaler que le BFR augmente lorsque l'activité progresse. Il est donc très important de surveiller son évolution avec précision.
Les ratios de délais (rotation des stocks, des clients ou des fournisseurs) permettront de déterminer les origines de la variation du besoin en fonds de roulement, clignotant très important à surveiller en permanence. Sinon, l'entreprise risque de se trouver dans l'incapacité d'honorer ses engagements financiers, d'où le risque de cessation de paiements. La défaillance des entreprises commence en règle générale par des problèmes de trésorerie, c'est à dire la non-maîtrise du besoin en fonds de roulement.

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6) Le compte de résultats
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Lors des précédents articles Décodage, nous avons présenté une première grande famille de ratios, càd ceux qui étaient liés au bilan de l’entreprise et à sa structure financière (l’indépendance financière, le fonds de roulement permanent, la liquidité et la solvabilité). Pour rappel, le bilan d’une entreprise donne un aperçu du patrimoine (l’actif) et de la manière dont ce patrimoine est financé (le passif soit la somme des fonds propres et des dettes).
Une deuxième grande famille de ratios sont ceux liés au compte de résultats. Le compte de résultat est un document comptable synthétisant l'ensemble des charges et des produits d'une entreprise pour une période donnée, appelée exercice comptable.
Le compte de résultats donne le résultat net, c'est-à-dire ce que l'entreprise a gagné (bénéfice) ou perdu (perte) au cours de la période. Le résultat net s'inscrit au passif du bilan dans les résultats reportés.
Le résultat net, auquel on soustrait les impôts, est la somme de 3 résultats intermédiaires à savoir (1) le résultat d’exploitation (voir plus bas), (2) le résultat financier (différence entre produits financiers et charges financières) et (3) le résultat exceptionnel (différence entre produits exceptionnels et charges exceptionnelles).
Le résultat d’exploitation ou EBIT (Earnings Before Interest and Taxes) correspond au chiffre d'affaires, duquel sont déduites toutes les charges d'exploitation (achats marchandises, Services & Biens Divers, rémunérations, amortissement et réductions de valeur). Un résultat d’exploitation négatif implique souvent un chiffre d’affaires insuffisant pour couvrir l’activité et les charges normales de l’entreprise. Les charges d’exploitation sont soit fixes (incompressibles quel que soit le niveau d’activité de l’entreprise) ou soit variables. Il est nécessaire que les charges fixes se maintiennent à un niveau raisonnable afin qu'une baisse d'activité ne risque de trop fragiliser votre entreprise.
Si les amortissements et les réductions de valeurs ne sont pas non plus pris en compte, on parlera alors d’EBITDA (Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization) : il s’agit du solde généré par l'activité courante de l'entreprise sans prendre en compte sa politique d'investissement (amortissement) et sa gestion financière (le résultat financier). Le D d’EBITDA désigne les réductions de valeurs et le A désigne l'amortissement des immobilisations corporelles (telles que bâtiments, machines ou véhicules) et incorporelles (tels que brevets, licences, goodwill).

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